Architecture

 


“Accorder l’église comme on accorde un instrument de musique”

L’église de pierres, construction des hommes, est comme une réponse des créatures au Créateur du monde : avec la pierre et le verre, avec la lumière, les hommes composent dans l’espace le lieu de la rencontre ineffable.

L’architecture des lieux est comme une prière silencieuse. Comment cette prière s’élève t-elle vers le Créateur aujourd’hui à Saint-Germain-des-Prés ? Comment s’exprime-t-elle à travers la lumière, l’ordonnancement de l’espace, les rythmes, les rapports d’échelle ?

Il nous faut rentrer dans l’intelligence des lieux tels qu’ils sont tels que l’histoire les a composés et réfléchir à la signification que nous voulons leur donner. Et, puis patiemment, accorder l’édifice, comme on accorde un instrument de musique. Accorder l’édifice pour qu’il accompagne ceux qui y viennent, ceux qui y passent, dans leur rencontre avec Dieu au milieu de la ville. Matériellement il s’agit de peu de chose : la façon dont la lumière rebondit sur les parois, quelques marches, quelques objets bien placés, la configuration des sièges des assemblées. Si tout cela est juste, ajusté à ce qui a été construit là pour des siècles, ajusté à ce qui advient là au présent, alors comme le chant qui résonne dans les volumes, l’ordonnance des lieux porte la prière de ceux qui les habitent.

Jean-Marie Duthilleul


Quelques repères historiques sur l’architecture de l’abbaye de Saint Germain-des-Prés :


Le Clocher – porche

Commencé en 990 par l’abbé Morard.
Le portail est du XIIème siècle. Le linteau représente la Cène, le tympan disparaît en 1604 et les statues colonnes sont détruites à la Révolution.
Le porche formant abri est du XVIIème.
La porte en fer forgé (SUBES) est posée pour la célébration du XIVème centenaire (1958).

 

 


 

La Nef
Construite dans la première moitié du XIème siècle, de style roman. (Le chorur était alors en “cul de four”).
Le vaisseau central est séparé des bas-côtés par des piliers carrés aux quatre demi-colonnes engagées, surmontées de chapiteaux historiés qui illustrent bien l’art sobre et vigoureux de la sculpture romane primitive. Certains chapiteaux ayant été abîmés à la Révolution, ont été remplacés par des copies dont les originaux sont au musée national du moyen âge (Cluny).
La voûte centrale reprenant le modèle du choeur a remplacé, au XVIIème, la charpente d’origine.

 

 

 


Le Choeur

Commencé en 1144 et consacré par le pape Alexandre III en 1163.
Après quatre travées droites aux arcades en plein cintre, l’arc ogival y apparaît dans un hémicycle à cinq pans avec apparition des arc-boutants à l’extérieur. Le triforium, dont certaines colonnes de marbre proviennent de la basilique mérovingienne a été tronqué au XVIIème siècle. Nous avons une architecture “moderne, d’avant garde”.
Le déambulatoire est aussi voûté sur croisées d’ogives. Il ouvre sur neuf chapelles : les deux premières sur plan carré, les suivantes sur plan circulaire et voûtées de cinq branches d’ogive.
La dernière chapelle dans l’axe a été reconstruite au début du XIXème siècle.
A l’occasion d’une restauration en1958, la pierre a été nettoyée de la peinture olychrome qui recouvre encore le reste de l’église. Les très élégants soubassements des chapelles Sainte Geneviève et Sainte Anne ont également été dégagés.